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Qwarx NC : naissance d’un moteur de recherche calédonien

À l’occasion de la manifestation Digionova, organisée par le Medef-NC, l’Observatoire Numérique de Nouvelle-Calédonie, et le MEDEF,  nous avons  eu l’occasion d’assister à la présentation d’un projet novateur : Qwarx. Qwarx est un moteur de recherche internet, plein d’ambition, et qui aspire déjà à détrôner au niveau de la Nouvelle-Calédonie, le géant Google. À l’occasion de cet article, nous vous en disons plus.

Annuaire de recherche ? Moteur de recherche ? Quelles différences ?

L’histoire de ce que les spécialistes du SEO appellent le « Search » est très longue, et il existe sur internet bien des sites internet qui la retrace en détail. Cependant, avant de présenter Qwarx, il est bon de s’accorder un peu sur la lexicale autour du domaine du « Search », en définissant correctement la différence entre annuaire et moteur de recherche.

L’annuaire de recherche fut indéniablement le premier type de site qui a aidé les internautes au tout début d’internet. Le plus mémorable et inoubliable fut Yahoo!. Le principe de l’annuaire de recherche repose dans un classement des sites sous forme d’index ou répertoire, qui peut être, thématique, chronologique. L’internaute va donc évoluer dans sa recherche via des liens hypertextes. Une vraie recherche guidée, sans possibilité de réellement dévoyer. Si aujourd’hui ce type de site, qui ont connu leur heure de gloire jusqu’en 2000/2005 peut paraître désuet, il est encore très utilisé dans le domaine du B2B, voire dans les secteurs très pointus (recherches, sciences, SEO…)

Le moteur de recherche quant à lui, s’est imposé aujourd’hui comme le standard. Il se résume simplement en la présence d’un champ, dans lequel l’internaute est invité à saisir un ou des termes sur lesquels il cherche des informations, et un algorithme plus ou moins sophistiqué, reposant sur une analyse de la  requête et des pages indexées, lui retourne des résultats. Ce modèle s’est imposé depuis près de 20 ans comme un standard de par la liberté dans la recherche qu’il inspire au premier abord, mais aussi, car il ne cesse d’évoluer, notamment désormais avec la fameuse recherche vocale.

Cependant, il est bon de tordre le cou à des idées reçues : que ce soit un moteur de recherche ou un annuaire de recherche peuvent tous les deux :

  • disposer d’un spider d’indexation. Le Spider d’indexation est un robot qui va parcourir internet de page en page pour chercher du contenu destiné à enrichir la base de résultats. Ce type de robot n’est donc pas l’apanage d’un moteur de recherche
  • dispose d’un algorithme de classement avec critères avancés : les algorithmes de restitution de résultats  suite à une requête ne sont pas le monopole des moteurs de recherche. Les annuaires peuvent aussi disposer d’algorithmes très puissants.

 

Si on doit donc mettre en exergue une différence réelle entre les deux, nous retiendrions que l’annuaire est plus directif que le moteur de recherche, mais qu’il existe aussi des annuaires de recherche qui se sont aussi dotés désormais de moteurs de recherche.

Qwarx : le moteur de recherche calédonien

La présence de Google en Nouvelle-Calédonie

Inutile de le dire, il faut déjà être très audacieux à vouloir lancer un moteur de recherche spécifique à la Nouvelle-Calédonie. Audacieux, et téméraire ! En effet, si on regarde le « marché du Search » dans le monde, on se rend compte qu’il est TRÈS largement dominé par le géant Google. En effet, à grand renfort de levées de fonds, d’innovations, et de médiatisation, Google est passé très rapidement leader, et occupe désormais la première place d’un marché oligopolistique…  et il semble que cette domination du « marché du search » n’est pas prêt de s’arrêter. En effet, avec une véritable galaxie de services  l’internaute ne peut être que séduit : recherche poussée à l’extrême, rafraîchissement des résultats extrêmement rapide, actualités, géolocalisation des résultats… Google envoie donc du lourd, qui a dissuadé toute concurrence, et cela malgré des failles évidentes, comme par exemple le non-respect de la vie privée par Google !

Ce tableau met en avant la répartition de l’utilisation des moteurs de recherche en France. Google occupe la première place, loin, très loin devant Bing et Yahoo. Qwant, le moteure de recherche novateur, draine avec peine 0,59 % des parts du « marché du search ».

 

Malgré tous les points forts évoqués précédemment, l’équipe de Qwarx ne semble pas s’être découragé. En effet, même si un modèle différent peut s’imposer, rappelons pour l’exemple que face à la concurrence rude dans le « domaine du search », le moteur de recherche d’orange a déposé les armes en 2017, confiant ses résultats de recherche à Google. Mais comme mentionné, un modèle différent peut s’imposer, et ce modèle différent, Qwarx le définie avec un concept simple  « Là où Google vous dit non, Qwarx vous dit oui ». Au premier abord, cette maxime peut paraître un peu mégalomane, mais argumentée elle prend tout son sens.

L’état du web calédonien au niveau du référencement organique

Il est bon à ce niveau, de parler du web calédonien. La Nouvelle-Calédonie a un éco-système internet qui est riche : beaucoup de sites internet, et très souvent qui plus est de très beaux sites. Cependant, en l’absence d’une concurrence féroce et acharnée sur le « marché du search », ces sites n’ont jamais été réellement optimisés pour le  SEO ou référencement organique. De ce fait, ils ne répondent pour la plupart pas aux critères de ranking de Google. Malgré le passage des Spiders d’indexation de Google, qui ne snobent pas du tout le web calédonien, très peu de sites arrivent réellement à se tailler une belle place sur la Toile. Alors que Google privilégie normalement les résultats de requêtes locales (c’est ce que l’on appelle le référencement local), l’état du SEO des sites calédoniens est tel que ce sont des résultats métropolitains, voire même plus largement francophones qui passent avant les sites locaux. Inutile de le dire, mais dans ce cas de figure, l’utilisation de Google devient quasi-inutile, et les seuls résultats crédibles qui pourront être obtenus sont ceux de Google Business, ou des requêtes qui seront suivies d’une indication géographique telles que « Nouméa », « Nouvelle-Calédonie »…..

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Un exemple de page de résultats de Google (appelée SERP par les professionnels) : on constate que la recherche locale et Google Business occupent une place de choix dans l’affichage :

 

De l’algorithmie sur mesure pour un gain de temps et d’usabilité

L’équipe de Qwarx l’a parfaitement compris, et a de ce fait développé un spider adapté à ce web « hors norme ».  L’exemple le plus flagrant, qui montre l’ingéniosité et le savoir-faire de l’équipe de Qwarx est le cas de Annonces.nc. Les habitués de ce site d’annonces calédonien le savent : les recherches sont rendues très difficiles sur ce site du fait d’un moteur de recherche peu ergonomique et surtout ne reposant sur aucune logique algorithmique lexicale. Avec plusieurs longueurs d’avance Qwarx a su non seulement « crawler » le site d’annonces, et mettre son moteur de recherche au service des internautes. Un vrai gain de temps.

À l’instar des résultats de petites annonces, les annonces immobilières ont aussi subi le même traitement de choix, ainsi que les sites d’actualité.  Encore une fois, un vrai gain de temps, et d’ergonomie.

Un exemple d’une page de résultat de Qwarx pour les petites annonces :

 

Qwarx a aussi mis une vraie application à indexer les pages Facebook des entreprises. Bien des entreprises l’ont constaté, Google rechigne (pour des raisons contractuelles) à indexer les pages Facebook des entreprises. Qwarx a une fois de plus fait d’une des faiblesses de Google une de ses forces, en indexant comme il se doit les pages Facebook. Un vrai parti pris qui se justifie notamment par le fait que Facebook est omniprésent en Nouvelle-Calédonie.

La vie privée dans tout cela ?

Comme mentionné précédemment, Google est indéniablement champion de la violation de vie privée, mettant en pratique la citation « Si c’est gratuit, c’est vous le produit ». Nous ne le rappellerons jamais assez, mais le concept de Google est de proposer un maximum de services gratuits, de collecter un maximum de données qui sont ensuite commercialisées via d’autres services. L’exploitation des cookies notamment est une discipline à laquelle Google se livre sans retenue… et d’elle découle notamment les campagnes de targeting et retageting ! Il est d’ailleurs à noter que suite à la pression des institutions européennes Google a eu l’obligation de permettre aux internautes d’accéder à toutes les informations qu’ils possèdent sur lui. Ces informations peuvent être téléchargées ici.

Du côté de Qwarx, il semble qu’on ait tiré les leçons de ce modèle peu respectueux de la vie privée. D’une part la navigation se fait en https (protocole sécurisé devenu un standard désormais). L’autorité de certification retenue est « Let’s Encrypt » :

 

Il semble qu’aucun cookie malicieux de tracking ne soit mis sur l’ordinateur du visiteur. En effet, lors d’une session de navigation « seuls » 5 cookies s’installent sur l’ordinateur :

Sur Qwarx aussi, exit les comptes utilisateurs qui facilitent le tracking des visiteurs. La navigation s’effectue donc de façon « anonyme ».

Aussi si Qwarx a emprunté à Google un design sobre, et épuré (pourquoi réinventer la roue ?), il emprunte délibérément à son grand frère Qwant, l’éthique irréprochable de respect des données personnelles.

Pour quel modèle économique ?

Nous l’avons mentionné « Si c’est gratuit, c’est vous le produit » . Qwarx dans sa volonté de préservation de la vie privée, a décidé de ne pas tracker ses utilisateurs, et de renoncer de ce fait au targeting et aux campagnes intrusives.

Guénolé Bouvet, un des fondateurs de Qwarx, lors du salon Diginova 2018

Cependant, le site ne sera pas exempt de publicité. En effet, lors de la conférence animée par les fondateurs du moteur de recherche du Diginova 2018, il est annoncé un modèle économique intéressant, qui reposerait sur deux leviers :

  • la vente de mots clés : il faut comprendre par là qu’une entreprise ou un particulier pourra acheter des expressions ou mots clés sur lesquels il souhaite voir son site se positionner. Ce sera donc ensuite un  jeu d’enchères
  • la vente de capacité de crawling : il semble de Qwarx proposera aux propriétaires de sites volumineux, des solutions de crawling adaptées. Cette fonctionnalité est extrêmement appréciable, car rappelons que Google alloue aux sites un « budget de  crawling » et qu’une fois ce capital consommé, il faudra s’armer de patience pour voir d’autres pages de son site indexé. Qwarx propose donc une vraie solution aux sites de taille importante qui veulent voir leur site indexé en intégralité, ou fréquemment (site d’actualité par exemple)

La cohérence des résultats : un vrai enjeu

Tout comme Google, l’équipe de Qwarx communique peu sur sa puissance de crawl, et ses algorithmes de classement des résultats par rapport à une requête : secret de fabrication oblige ! Si la vélocité est indéniablement au rendez-vous, il conviendra de s’interroger sur la fraîcheur des résultats. En effet, l’une des forces de Google est de proposer aux internautes une indexation extrêmement rapide des contenus. Parfois une poignée de minutes suffit à voir un contenu indexé et positionné. S’il ne veut pas tomber en désuétude, Qwarx devra proposer la même capacité de crawl et de restitution des résultats. Si on prend en compte la croissance exponentielle d’internet, c’est donc un vrai challenge qui attend Qwarx dans les mois à venir.

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Un exemple de page de résultats peu qualitative :  sur la requête webmarketing, saisie le 27 octobre, sur la première page de résultats, qui comporte 10 résultats, seuls 2 sites différents sont présents et se partagent les 10 premières positions . 

 

 

Google de son côté sur la requête « Webmarketing nouvelle-Calédonie », requêtes à forte concurrence présente 9 résultats organiques, partagés par 8 sites internet différents locaux. 

Qwarx : vers une obsolescence programmée ?

Comme évoqué précédemment, la force de Qwarx actuellement est une hyper géolocalisation qui surfe sur le concept d’un web calédonien extrêmement mal formaté et qui peine à se positionner sur Google.. Cependant, avec l’augmentation progressive de la concurrence sur internet, bien des entreprises se sont rendu compte de l’importance à se lancer dans le référencement naturel, cette discipline qui consiste à optimiser un site internet afin qu’il devienne « Google Friendly », et se positionne bien dans les pages de résultats.

Qwarx va donc devoir s’imposer très rapidement auprès des calédoniens, et tout en continuant à cultiver ses belles forces, proposer des services additionnels qui feront préférer son utilisation à Google !

Autres leviers qui pourra permettre de lutter contre une certaine « obsolescence programmée » est l’adjonction de nouveaux services, à l’instar de Qwant.

Le moteur de recherche Qwant (qui est entré dans le top 1000 des sites les plus consultés de la planète) a annoncé il y a quelques semaines l’ajout de nouveaux services : Qwant Med tourné vers la santé, Qwant Pay pour le paiement, Qwant Map qui est un service de cartographie, ou encore Qwant Sports pour la mise en avant des événements sportifs.

Voici l’évolution des parts de marché de Qwant, qui pèse en octobre 2018, 0,59 % des parts de marché.

Ca ne sera qu’à ce prix que Qwarx deviendra LE Google Calédonien !

Le regard du professionnel du référencement internet

En qualité de professionnels du référencement internet, nous pouvons nous demander comment considérer ce moteur de recherche ? Projet éphémère, projet durable qui va s’installer en Nouvelle-Calédonie ?

Face  aux porteurs de projets/développeurs de Qwarx, il y a vraiment tout lieu de penser que le projet n’est pas « un coup de comm' » et va pérenniser.  À l’heure actuelle et en considération du jeune âge de Qwarx, on constate qu’aucune ligne de conduite ou guide des bonnes pratiques n’ont été publiés à l’attention des webmasters et propriétaires de sites afin de leur donner des conseils pour optimiser leur indexation ou leur positionnement.

Si le moteur est appelé à durer, la rédaction d’une vraie charte de référencement sera nécessaire, voire incontournable. Elle le sera d’ailleurs d’autant plus si un programme publicitaire vient enrichir les résultats des requêtes. Cette charte assurera en effet une parfaite transparence quant au ranking.

Pour ce qui est de savoir si en qualité de référenceur un effort particulier sera fait pour améliorer son ranking sur Qwarx, tout dépendra en fait de la popularité du moteur de recherche et de sa fréquentation. Encore une fois, la balle est dans le camp des porteurs de projets qui devront  être novateurs, innovants et surprenants, et qui devront s’attacher très rapidement à mettre un cercle vertueux en place.

L’essayer c’est l’adopter ?

Difficile en conclusion de ce très (trop ?) long article de ne pas se laisser tenter à répondre à cette question, et de se livrer à des interprétations empiriques.

Alors peut-être faisons un parallèle avec Qwant et Google ! Pour les non-initiés, Qwant est un moteur de recherche européen, lancé en 2013, qui a pris pour parti de respecter la vie privée des internautes.  En pleine croissance, le moteur de recherche compte de plus en plus d’utilisateurs qui sont satisfaits en grande majorité des résultats de ce moteur de recherche hyper-respectueux… mais qui avouent sans détour que parfois, ils sont tout de même obligés de faire un détour vers Google pour compléter les résultats de recherche.

 

 

 

Eric Leandri, PDG de QWANT

 

À la lumière de cette expérience, et avec le recul nécessaire, il est sans doute bon de penser que Qwarx prendra le même chemin, en devenant soit le moteur de recherche principal des Calédoniens, secondé par des résultats Google en cas d’insuffisance de la part de Qwarx, soit un moteur de recherche additionnel secondaire si Google ne perfectionne pas sa capacité à offrir des résultas locaux de qualité…. car ne nous y trompons pas, c’est de cette capacité à offrir des résultats locaux hyper qualifiés et frais que découlera le vrai succès de ce produit calédonien.

Ethique, rapide, fonctionnel, usable… Qwarx a vraiment beaucoup d’arguments pour séduire, et le nombre de pages indexées dans les bases de données laisse déjà songeur ! A défaut d’être un projet innovant, Qwarx est un projet novateur, qui prend à contre-pied Google, qui rappelons-le fête son 20eme anniversaire cette année : alors que Google cultive l’immensément grand et raisonne au niveau planétaire, Qwarx quant à lui à décidé de raisonner au niveau d’un territoire, une vraie force qui devrait lui permettre de tirer son épingle du jeu.  Ce qui est cependant certain, c’est que l’équipe Qwarx a damé le pion à Eric Léandri, fondateur de Qwant, qui confiait en août 2017 lors du  Pacific Forum Business « Je viens de me rendre compte que j’aurais déjà dû faire quelque chose pour la Nouvelle-Calédonie » … c’est désormais chose faite avec Qwarx !

 

UTILISER QWARX

 

2 Commentaires sur “Qwarx NC : naissance d’un moteur de recherche calédonien

  1. Jean Claude says:

    Merci pour cet article complet et la pédagogie mise en avant. Votre article est quand même plus complet et instructif que ce que j’ai pu lire sur Radio Cocotier et Les Nouvelles. Je pense que j’utiliserai Qwarx car c’est un projet calédonien qu’il faut soutenir et qui montre que sur le Caillou, on peut avoir de bonnes idées

  2. Marie says:

    Testé…. et pas vraiment convaincu. C’est rapide, mais encore les résultats sont approximatifs. je ré-essayerai bientôt pour voir si Google NC se perfectionne. En tout cas, très longue vie à ce projet

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